Son histoire

Carte de la commune de Philippeville

Le 1er octobre 1555, plus de cinq mille hommes creusaient les premières fondations de la place forte. Le choix du site s'était arrêté, après pas mal de discussions, sur un plateau situé à l'O. du village d'Echerennes aujourd'hui disparu : la vue y était dégagée pour la surveillance, deux ruisseaux serpentaient à proximité et les sources y sourdaient en nombre. Conçu par l'architecte Sebastien Van Noyen à la demande de Marie de Hongrie, le fort avait à faire face, avec celui de Charlemont près de Givet, à la menace des armées françaises d'Henri II qui venaient d'investir Mariembourg. La situation stratégique de la nouvelle place barrant la route de l'Entre-Sambre-et-Meuse, en fit rapidement un bastion fort convoité. Pourtant Philippeville demeura espagnol pendant plus d'un siècle. Mais en application des clauses du Traité des Pyrénées en 1659, la place forte passa à la France qui la conservera jusqu'en 1815. Le 20 novembre de cette année, la seconde Paix de Paris la remet à la Hollande qui administrera la ville jusqu'à l'indépendance de la Belgique, en 1830.

 

Le plan de la place, baptisée du nom du nouveau roi d'Espagne Philippe II, adopte le type radio-concentrique. Cinq remparts de longueurs inégales renforcés par autant de bastions à orillons dessinaient un pentagone irrégulier que des fossés secs ceinturaient. L'accès au fort était jadis garanti par deux portes diamétrale¬ment opposées, l'une à l'O., côté France, l'autre à l'E. côté Meuse. Les dix rues convergent vers la Place d'Armes et sont recoupées pour la plupart par deux voies annulaires; dont l'une épouse le tracé des remparts.

 

Hormis l'église décentrée dans la ville, pratiquement aucun bâtiment contemporain - ou peu s'en faut, de la fondation de la place n'a survécu.

 

A un premier demi-siècle passablement agité, succède une ère de paix relative sous le règne des Archiducs. Pourtant, très peu de témoins monumentaux subsistent de cette époque. Mais dès 1659, les Français dotent la ville des derniers perfectionnements, face au progrès de la poliorcétique. Vauban, ingénieur militaire de Louis XIV, repense les fortifications: tout en gardant le tracé primitif de Van Noyen, il donne aux défenses un développement plus ample et un aspect étoilé caractéristique, en dotant nouvelles courtines et bastions de nombreux ouvrages extérieurs. De ceux-ci, subsistent quelques vestiges sur le terrain au N. et au S.E. de la ville, ainsi qu'une partie du réseau souterrain de contremine, encore accessible près de la Chapelle des Remparts, bd de l'Enseignement. En outre, c'est également à la 1re moit. du XVIIe s. qu'appartiennent bon nombre de bâtiments militaires conservés et plusieurs logements civils, que les siècles suivants altéreront sérieusement. Le XVIII s. verra la construction et la transformation d'un grand nombre de maisons particulières. Et c'est encore aux Français qu'il faut attribuer la halle actuelle et la Caserne de 1785.

 

Aux mains des Hollandais, la place sera restaurée. Certaines casernes disparaîtront ou recevront de nouvelles affectations. Les fortifications, partiellement démantelées en 1820, auront entièrement disparu en 1853. Mais ce n'est qu'à la fin des années 1970 que s'estompera toute présence militaire dans l'ancien périmètre.

 

La physionomie actuelle de la ville est largement tributaire du XVIIIe s. C'est en effet à cette époque que remontent la plupart des maisons, souvent en brique et pierre bleue, qui ont respecté le tracé primitif de la place-forte. Au centre de la place d'Armes, l'imposante statue de la 1re reine des Belges a remplacé l'ancien puits, probablement du XVIIe s., détruit en 1875.

 

Chef-lieu de la nouvelle commune, Philippeville est aujourd'hui un petit centre touristique, commercial et scolaire. La ville s'étend principalement au S., sous forme de quartiers résidentiels lotis.

 

Edifice gothique en moyen appareil de calcaire sur soubassement biseauté, construit probablement dès 1556, comme le signale une longue inscription figurant à l'intérieur et relatant les circonstances de l'événement. Dans ce cas, la date de 1598 affichée au-dessus du portail commémorerait une restauration ou la pose d'un nouveau parement. Importants travaux opérés en 1906 par l'architecte L. Lange: construction d'une nouvelle sacristie et suppression regrettable des aménagements intérieurs classiques dûs à l'architecte Chermanne en 1750 et 1761.

 

Bâtiment de trois nefs de cinq travées et pseudo-transept, fermé à l'E. par un choeur plus bas composé d'une travée et d'une abside à trois pans. Fenêtres en tiers-point sous larmier et remplage remis en 1906. Division intérieure par le biais d'arcades en plein cintre posant sur des piliers carrés, biseautés et à congés, à bases légèrement moulurées et impostes en cavet. Arc triomphal de même type. Plafonds plats. Traces d'une porte en plein cintre dans les bas-côtés N. et S., non apparentes à l'extérieur. Première travée de la grande nef occupée par la base d'une tour signalée à l'extérieur par un clocher essenté, posant sur quatre gros piliers reliés par des arcs en tiers-point. R.d.ch. voûté d'ogives portant le jubé.

 

Antependium en calcaire de l'autel majeur, aux armes de Lazarre de Schwendi, premier gouverneur de la place (v. 1556). Stalles de style Louis XIV (1re moit. du XVIIIe s.). Fonts baptismaux (2e moit. XVIe s.). Une trentaine de dalles et pierres funéraires (XVIIe et XVIIIe s.); statues (XVIIe et XVIIIe s.); trois toiles (XVIIIe s.).

 

PLACE D'ARMES

 

N° 4. A l'angle de la r. de l'Arsenal, importante habitation en L, construite probablement en trois phases aux XVIIe et XVIIIe s.

 

Vers la place, bâtiment principal dont la façade cache une construction de deux niveaux en moellons de calcaire plus ancienne, peut-être du XVIIe s., à laquelle on peut sans doute rattacher deux fenêtres harpées, bouchées, vers la r. de l'Arsenal et à l'arrière, un linteau de remploi daté de 1669.

 

Du 2e tiers du XVIIIe s., exhaussement d'un niveau du volume principal et reconstruction de la façade, largement ajourée, en brique et pierre bleue sur soubassement en grand appareil de calcaire. Double corps de cinq travées, les quatre latérales jointives, de baies à linteau droit sur montants harpés, entre des bandeaux. Porte dont la traverse est refaite, aux montants entaillés d'un cavet. Traces d'une autre porte postérieure, obturée, entre les deux travées de g. Harpes d'angle et corniche de pierre en cavet sous un quart-de-rond. Bâtière d'éternit à croupe.

 

N° 5. Justice de Paix. Edifice néo-classique d'un niveau surélevé, bâti v. 1878. Précédée d'un ample perron à double volée, façade en moyen appareil de calcaire rythmée par des pilastres colossaux et centrée par un frontispice sommé d'un attique et d'un fronton triangulaire. Bâtière de roofing coiffée d'un lanternon en bois zingué, refait en 1981.

 

N° 7. A l'angle des r. de Namur et de l'Hôpital, maison en brique et pierre bleue qui s'est établie sur une parcelle au tracé irrégulier. La façade principale vers la place, sans doute de la fin du XVIIIe ou du déb. du XIXe s., comprend deux niveaux sur un soubassement de calcaire appareillé, séparés par des cordons saillants continus, et cinq travées de fenêtres à linteau bombé à clé. Deux baies transformées, l'une en porte, l'autre en vitrine. A dr., pan coupé de même facture, où prend place l'entrée primitive encore munie de vantaux néo-classiques. Corniche de pierre en talon.

 

Façade vers la r. de Namur plus simple, ne prolongeant pas la structure de la façade principale et se raccordant à dr. à une maison plus ancienne. Réinsérée dans une fenêtre murée à l'étage, niche en plein cintre moulurée sur impostes saillantes et clé ornée d'un médaillon muet. Amortissement de remploi. R.d.ch. transformé pour le commerce.

 

A g., vers la r. de l'Hôpital, pan coupé d'une seule travée avec remplois, se raccrochant à un mur antérieur. Toiture d'ardoises à croupes. 

 

N° 9. Maison d'angle en brique et pierre bleue de la 1re moit. du XVIIIe s., à trois niveaux et deux travées, mais qui englobait peut-être à l'origine la maison voisine transformée, le n° 10. Aux étages, baies à linteau droit sur piédroits harpés entre des bandeaux de pierre; agrafes. Harpes d'angle à g. R.d.ch. commercial du XXe s. Bâtière d'éternit à coyau et croupe. Vers la r. des Religieuses, une travée d'ouvertures de même type, celle du r.d.ch. agrandie, reliées par des bandeaux aux baies d'un agrandissement de deux niveaux et deux travées qui s'est accolé à l'arrière sans doute peu après la construction du volume principal.

 

N°11. Partie conservée de l'ancienne maison du gouverneur, amputée de trois travées à dr. et de deux à g. en 1877. Construction de deux niveaux, dont certains éléments témoignent d'une origine du XVIIe s.: le soubassement biseauté en appareil de calcaire, la façade en briques oranges mêlées à des briques de cendrée et quelques ancres en S. Subsistent cinq travées de baies remaniées ou refaites avec des pierres de remploi au XIXe s., à linteau droit sur piédroits harpés. A l'arrière, façade reconstruite en deux temps, sans doute vers le mil. du XVIIIe s., ouverte par quatre travées de baies à linteau droit sur piédroits harpés. Bâtière d'éternit à coyau et croupe.

 

A g., à l'angle de la r. de l'Eglise, portail d'allure classique de la fin du XVIIIe ou du déb. du XIXe s. en calcaire appareillé, replacé à cet endroit sans doute lors des travaux de la fin du XIXe s. Passage entre deux pans concaves ponctués par des pilastres panneautés avec médaillon, dont deux sont encore sommés de vases de style Empire.

 

N° 13. Maison d'angle de la fin du XVIIIe s., en brique peinte et pierre bleue sur base en moellons calcaires. Façade dénaturée par des ajouts récents. Bâtière d'ardoises à léger coyau.

 

N° 17. A un angle de la place, construction de deux niveaux sur cave, en moellons de calcaire réglés et chaulés, sans doute de la 2e moit. du XVIIIe s. Vers la r. de la Roche, cinq travées à l'origine, ouvertes par des fenêtres à linteau droit sur piédroits harpés ou à deux harpes au r.d.ch., reliées par des bandeaux. Fenêtres de l'étage déplacées vers le haut sauf celle de dr. et deux baies modifiées au r.d.ch. Autres baies ajoutées. Corniche de pierre en cavet sous la bâtière d'éternit à croupe. Vers la place, façade enduite au XIXe-XXe s. lors du réaménagement en maison du Peuple et adjonction d'un clocheton.

 

N° 19. Ancienne halle. Important bâtiment classique en bel et grand appareil de calcaire, occupant l'angle des r. de France et de la Balance. Cette construction sobre et soignée du dern. qu. du XVIIIe s. comprend un vaste r.d.ch.-halle et un étage séparés par un épais cordon saillant. Vers la r. de France, r.d.ch. rythmé par cinq lourdes arcades en plein cintre appareillées à crossettes, sur des bases en ressaut. Vers la place, trois travées inégales que déterminent deux colonnes toscanes d'allure plus néo-classique, portant un entablement en tas-de-charge.

 

Le long de la r. de la Balance, annexe de la même époque sous appentis, dont le pignon vers la place, également appareillé, est orné d'un aileron ajouré d'un oculus ovale. Fenêtre bouchée au r.d.ch. Mur. latéral en moellons de calcaire, partiellement reconstruit en brique. Accès à cette annexe sous la halle, par une porte à linteau droit sous décharge et piédroits harpés, encadrée de deux fenêtres jumelées de même type; à dr., menant à un escalier de pierre, porte semblable d'origine. Certaines transformations dans les ouvertures et autre porte nouvelle. Plafond en béton et escalier moderne au fond, derrière un mur de brique.

 

Etage éclairé par de grandes baies rectangulaires reprenant le rythme du r.d.ch., à l'encadrement en légère saillie sur des appuis moulurés. Vers la place, travée centrale plus large, marquée par une porte-fenêtre au balcon Louis XV en fer forgé porté par trois corbeaux en cavet. Baies latérales protégées de garde-corps de même facture. Corniches de pierre en quart-de-rond sous bandeau saillant et bâtière d'ardoises à croupes et coyau.

 

RUE DE L'ARSENAL

 

No 6. Long volume de deux niveaux sur caves du déb. du XVIIIe s., en brique et pierre bleue sur soubassement appareillé. Façade de cinq travées irrégulières aux baies à linteau droit sur montants harpés. A g., porte identique à encadrement biseauté. Autres portes résultant sans doute d'aménagements ultérieurs. Bandeaux plats à hauteur des appuis et linteaux. Ancres en S. Chaîne d'angle harpée à dr. Frise dentée. Bâtière d'éternit.

 

A dr., mur de clôture postérieur, également du XVIIIe s., percé d'un portail en plein cintre harpé. Porte récente et fenêtre murée à dr.

 

N° 6 (en face). Ancien arsenal. Sur presque tout un côté de la rue, parc clôturé, occupant le site de l'arsenal détruit, qui se développait jadis sur plusieurs ailes.

 

Dans le mur de clôture qui remploie une face d'un de ces bâtiments, porte en plein cintre murée du XVIlle s. et plus loin, deux fenêtres obturées à linteau droit et montants chaînés.

 

Dans le fond du parc, remise à voitures du XIXe s. dont la face arrière en moellons de calcaire, vers la cour de l'ancien hôpital militaire (r. de l'Hôpital), est constituée également par un ancien mur de la 2e moit. du XVIIe s. de l'arsenal: au r.d.ch., sept baies à linteau droit sur montants chaînés, dont une porte sous arc de décharge; à l'étage, deux fenêtres rectangulaires à montants harpés. Chaînes d'angle harpées et console d'angle en quart-de-rond.

 

En retrait au bout de la rue, devant le mur de clôture d'un jardin qui s'incurve pour lui ménager un petit espace, pompe en fonte du déb. du XXe s., en forme de colonne toscane.

 

RUE DE LA BALANCE

 

N° 5. Maison en moyen appareil de calcaire peint, peut-être du déb. du XVIIIe s., mais dont tous les percements ont été refaits dans la 2e moit. de ce siècle. Deux niveaux sur caves et cinq travées de baies, à linteau droit pour le r.d.ch., à linteau bombé et clé pour l'étage, sur montants harpés.Bâtière d'éternit à coyau.

 

N° 7. Habitation chaulée de la 1re moit. du XVIIIe s., en brique et pierre bleue sur soubassement appareillé. A l'étage, deux fenêtres espacées à linteau droit sur piédroits harpés, reliées par des bandeaux. Trois ancres en S. Ouvertures refaites au r.d.ch., mais traces du dispositif d'origine, avec porte centrale encadrée de deux fenêtres. Frise dentée et bâtière d'éternit à coyau. Lucarne passante disparue.

 

N° 16. A l'angle de la r. du Cheval Blanc, important volume en moellons de calcaire chaulés, sans doute du XVIIIe s. Façade correctement recomposée au XIXe s. et présentant deux niveaux et cinq travées d'ouvertures à encadrement droit. Bâtière d'ardoises et d'éternit à deux croupes.

 

N° 18 (en face). Replacée dans un mur de clôture, importante pompe en grand appareil de calcaire, probablement de la fin du XVIIIe s. Socle bordé d'un boudin et corps parallélipipède décoré d'un panneau rectangulaire sur la face principale. Corniche moulurée, détériorée, portée par deux consoles. Amortissement et mécanisme disparus.

 

N° 35. Maison de la fin du XVIIIe s. en moellons de calcaire chaulés, précédée d'un jardin grillé. Deux niveaux et deux travées de fenêtres à linteau droit sur montants harpés. Porte refaite à g. Face arrière masquée par une annexe et ouverte par des baies de même type. Bâtière d'éternit à coyau.

 

RUE DES BRASSEURS

 

Ancienne brasserie (?). Occupant presque toute la rue, bâtiments en moellons de calcaire aujourd'hui désaffectés. Incendie des toitures en 1981.

 

A l'angle de la r. des Religieuses, construction de la fin du XVIIe s., probablement un ancien logis. Au mur-pignon r. des Brasseurs, porte cintrée, jouxtée d'une grande baie à meneau, aux montants chaînés. Au sommet, fenêtre peut-être un peu postérieure, à linteau droit sur montants en brique et pierre bleue alter¬nées. Deux mêmes baies de type hennuyer à l'étage vers la r. des Religieuses; au r.d.ch., deux fenêtres à meneau, celle de dr. remplacée par une porte de garage. Chaîne d'angle retravaillée. Construction probablement amputée à dr. Bâtière d'éternit à croupette et coyau.

 

XVIIIe s., de trois niveaux. Trois travées de fenêtres à linteau droit sur piédroits à deux harpes et à dr., deux baies semblables au 2e étage, au-dessus d'un portail tardif. A g., porte peut-être de remploi, au lourd linteau droit sur montants chaînés et sous arc de décharge. Bâtière de tuiles mécaniques.

 

RUE DES CASERNES

 

Ancienne caserne d'infanterie. Long volume en moellons de calcaire, dont le gros-oeuvre, probablement du XVIIe s. a été altéré aux XIXe et XXe s. par sa subdivision en habitations. A l'extrémité du bâtiment donnant sur la r. de l'Hôpital, vestiges d'une fenêtre tardive, à linteau droit sur montants à deux harpes, de chaînes d'angle et d'une frise dentée. Bâtière d'éternit à croupe et coyau.

 

Une seconde caserne d'infanterie, semblable à celle-ci s'étendait perpendiculairement de l'autre côté de la r. de Namur.

 

COUR DES CAVALIERS

 

N° 4 et habitations voisines. Anciennes casernes d'infanterie. A proximité immédiate de l'emplacement de la caserne de cavalerie et des écuries aujourd'hui disparues, construction en moellons de calcaire de la 2e moit. du XVIIe s., formée par deux ailes en L ponctuées par trois grosses bâtisses carrées.

 

Bâtiments principaux d'environ 12 x 12 m, de deux niveaux, qui conservent quelques baies d'origine à traverse, certaines bouchées. Dans le bloc médian, porte à linteau droit et piédroits harpés, sous arc de' décharge. Harpes d'angle et ancres en S. Réaménagements, notamment de la 1re moit. du XVIIIe s., époque où furent percées les baies à linteau droit sur piédroits harpés. Frise dentée et bâtière d'éternit à croupe ou à la Mansart, postérieures.

 

Ailes fortement transformées et divisées en plusieurs habitations. Au N., r. de la Petite Roche, porte d'origine harpée, au linteau droit sous arc de décharge, en dessous d'une fenêtre à traverse. Ancres en S. Bâtière d'ardoises ou d'éternit.

 

RUE DU CORBEAU

 

N° 5. Habitation en moellons de calcaire chaulés, dont la physionomie remonte à la moit. du XIXe s. Deux niveaux sur cave et quatre travées de fenêtres à linteau droit, certaines avec pierres de remploi. Bâtiment moins profond à g. Bâtière d'éternit.

 

RUE DE L'EGLISE ST. PHILIPPE

 

N° 1. Maison en moellons de calcaire blanchis, sans doute de la moit. du XVIIIe s., malheureusement éventrée au r.d.ch. par de larges fenêtres du XXe s. A l'origine, deux niveaux et trois travées d'ouvertures dont l'épais linteau droit pose sur des montants harpés. Chaînes d'angle harpées à hauteur de l'étage. Corniche de pierre en quart-de-rond. Bâtière d'éternit.

 

N° 1 (à g.). Jadis dépendance de l'ancienne maison du gouverneur, pl. d'Armes 11, long et étroit bâtiment perpendiculaire, chaulé, en brique et pierre bleue sur soubassement appareillé, du 2e.tiers du XVIIIe s.

 

Vers la cour, cinq travées espacées de fenêtres et une large porte charretière partiellement obturée; vers la rue, une seule travée semblable. Ouvertures échancrées en tas de charge sur piédroits harpés. Corniche de pierre en talon et bâfière. de tuiles mécaniques à croupes et coyau.

 

N° 7. Dans une habitation du XX° s., dalle de remploi encastrée au-dessus de la porte et rappelant la fondation d'un hôpital à cet endroit: «L'AN DU SEIGNEUR MDCCXXIX / MARIE BLANCART ET BARTHELEMY SON FRERE HERMITE ONT LEGUE / LEURS BIENS POUR / COMMENCER A FONDER / CET HOPITAL EN FAVEUR / DES PAUVRES MALADES I DE PHILIPPEVILLE SOUS / L'INVOCATION DE / ST JEAN DE DIEU ». En dessous, écu portant.

 

N° 8. Maison avec façade de style classique de la 2e moit. du XVIIIe s. remontée devant un volume plus ancien qui se prolonge à dr., au n° 10. Façade en brique et pierre bleue sur soubassement appareillé, de deux niveaux et trois travées de baies à linteau bombé, clé et agrafes sur montants harpés. Appuis du r.d.ch. abaissés et porte remaniée. Appuis et linteaux reliés par des bandeaux plats. Chaîne d'angle harpée à g. à hauteur de l'étage. Frise dentée avec console d'angle en pierre. Bâtière d'éternit.

 

BOULEVARD DE L'ENSEIGNEMENT

 

Chap. Notre-Dame des Remparts. Ancien magasin à poudre situé jadis dans le bastion E. des remparts. Lourde construction rectangulaire d'environ 13 m x 22 m, en moellons de calcaire, du XVIIe s. Atteignant 2,70 m d'épaisseur, murs latéraux ouverts seulement par trois prises d'air en chicane. Deux mêmes ouvertures dans le mur du fond. Porte d'entrée axiale en anse de panier, jadis fermée par deux vantaux. Frise dentée et consoles d'angle en quart-de-rond. Epaisse voûte en berceau brisé soutenant directement la bâtière d'ardoises. En 1922, comme le rappelle une inscription au-dessus de la porte, aménagement en chapelle sur les plans de l'architecte F. Lohest, de Liège, et percement de baies néo-gothiques en façade.

 

RUE DE LA FABRIQUE

 

N° 4. Construction profonde en moellons de calcaire chaulés, de la 2e moit. du XVIe s. ou du déb. du XVIIe s., sans doute amputée des deux côtés et qui constituait, dans la moit. du XVIIIe s. en tout cas, une caserne de cavalerie. Au r.d.ch., subsistent les vestiges de deux portes en anse de panier à grosse clé entaillée d'une accolade et à l'étage, une fenêtre à traverse ainsi que le piédroit chaîné d'une autre. Autres ouvertures à linteau droit des XVIIIe et XIXe s. Deux ancres en S. A l'arrière, porte de même type qu'en façade et trace d'une seconde. Bâtière d'éternit.

 

RUE DE FRANCE

 

Nos 3-5. Volume de deux niveaux sur caves, construit sans doute au déb. du XVIIIe s., en moyen appareil calcaire sur soubassement biseauté partiellement conservé. A g., r.d.ch. commercial ayant maintenu intact l'encadrement d'un portail surbaissé; étage ouvert par deux fenêtres à linteau échancré et clé sur montants harpés. A dr., (r)établissement de deux travées de fenêtres sans doute au XIXe s., à linteau droit au r.d.ch., à linteau échancré à l'étage. Frise dentée et console d'angle à g. Bâtière de tuiles mécaniques.

 

N° 10. Maison classique du dern. tiers du XVIIIe s. en brique et pierre bleue sur soubassement appareillé. Deux niveaux et trois travées jointives de baies à linteau bombé et clé, avec appuis moulurés. Bandeaux saillants au-dessus des linteaux. Porte jadis au centre, déplacée à dr. Corniche de pierre en talon sous la bâtière d'éternit à la Mansart, percée de deux lucarnes du XXe s.

 

N° 12. Dans une maison remodelée aux XIXe et XXe s., pierre de remploi maçonnée sous l'étage, avec écu millésimé de 1559.

 

N°13. Habitation classique de la 2e moit. du XVIIIe s. en brique et pierre bleue sur soubassement en moellons réglés. Aux deux niveaux, quatre travées de baies à linteau droit et piédroits harpés, dont la porte a été déplacée vers le centre et jumelée avec une nouvelle fenêtre. Bandeaux entre les linteaux et les appuis. Agrafes. Corniche de pierre en cavet sur bandeau. Bâtière d'ardoises.

 

N° 17. Beau volume d'angle de la fin du XVIII° s., en moellons de calcaire, réglés en façade, regroupant deux anciennes maisons sur caves, comme semble l'indiquer une couture nette séparant la partie g. sans doute antérieure à sa voisine. Façade comptant deux registres de six travées, les deux de g. jointives, à linteau bombé sur montants à deux harpes. Bandeaux plats à hauteur des appuis et des linteaux. Chaînes d'angle harpées. Cinq lucarnes passantes en pierre interrompant la corniche en cavet. Bâtière d'éternit à brisis et coyau.

 

Nos 18-20. Deux maisons à deux niveaux sur caves, de la 1re moit. du XVIIIe s. en brique et pierre bleue. R.d.ch. transformés et étages ouverts par des fenêtres à linteau droit sur montants harpés, reliées par des bandeaux de pierre à hauteur des linteaux et des anciens appuis. Frises dentées. Bâtières d'éternit.

 

N° 23. Habitation de deux niveaux et demi sur cave, en brique et pierre bleue, de la moit. du XVIIIe s. R.d.ch. en calcaire appareillé, ouvert par deux fenêtres de part et d'autre de la porte d'origine, murée. Porte cochère à g., surbaissée, servant aujourd'hui de porte d'entrée. A l'étage, deux fenêtres espacées. Ouvertures à linteau droit et piédroits harpés reliées par des bandeaux au niveau des appuis et des linteaux. Garde-corps en fonte. Au dernier niveau, baie dont le linteau forme sablière. Bâtière d'éternit à coyau.

 

N° 24. Construction de deux niveaux, sans doute de la moit. du XVIIIe s., en moellons de calcaire sous bâtière d'éternit à croupe et coyau. Subsistent d'origine le soubassement appareillé, les chaînes d'angle harpées et à l'arrière ainsi qu'au pignon, des baies à linteau droit sur piédroits vaguement harpés. Annexe de cette époque en retour vers l'arrière. Porte à linteau droit sur montants harpés dans le mur de clôture du jardin.

 

Façade sur rue recomposée probablement au déb. du XIXe s. et ouverte par des baies à linteau droit. Bâtière d'éternit à croupe et coyau.

 

N° 25. Maison avec façade en calcaire, sans doute du 1er tiers du XVIIIe s., rare témoin du style Louis XIV. Deux niveaux entièrement ouverts à l'origine par trois travées de baies sous linteau échancré et aux piédroits à refends. R.d.ch. éventré sur base en grand appareil calcaire percée d'un soupirail en abat-jour à l'endroit de la porte primitive. Etage intact présentant trois fenêtres aux appuis saillants et moulurés surplombant autant d'allèges décorées de panneaux aux coins écornés. Même type de décor en taille d'épargne sous l'architrave. Corniche de pierre en quart-de-rond. Bâtière d'éternit mansardée.

 

N° 26. A l'angle de la r. des Fours, construction sans doute du XVIIe s. en moellons de calcaire, qui a subi d'importants réaménagements aux XIXe et XXe s. Bâtière d'ardoises et d'éternit à croupe.

 

N° 27. Importante et belle maison à double corps de la 1re moit. du XIXe s., en brique et pierre bleue, sur soubassement en pierre de taille. Trois niveaux et cinq travées de baies à linteau droit, reliées par des bandeaux à hauteur des appuis en ressaut au r.d.ch., et des linteaux. Garde-corps en fonte: Larmier au-dessus de la porte. Bâtière d'ardoises.

 

N° 29. Maison à double corps en moellons calcaires, de la 1re moit. du XIXe s., dont la façade crépie superpose trois registres sur caves. Trois travées de fenêtres et porte à linteau droit sur montants harpés. Corniche de pierre en cavet. Bâtière d'éternit.

 

N° 34. Etroite maison de deux niveaux sur cave, sans doute du XVIIIe s., en moellons de calcaire appareillés. Façade peut-être exhaussée comprenant trois baies jumelées au r.d.ch. et deux à l'étage. Porte déplacée latéralement et fenêtres de l'étage retouchées ou de remploi. Corniche de pierre en talon. Bâtière d'éternit.

 

N° 36. Habitation de deux niveaux du dern. tiers du XVIIIe s., probablement amputée à dr. Façade en brique et pierre bleue enduites sur soubassement appareillé, conservant trois travées jointives aux baies à linteau bombé et clé. Fenêtre centrale de l'étage obturée et ouvertures du r.d.ch. modifiées au XXe s. Beaux garde-corps néo-classiques en fonte à l'étage. Corniche de pierre en talon et bâtière d'éternit à la Mansart, percée de deux lucarnes à croupe.

 

N° 38. Devant une construction plus ancienne dont faisait sans doute partie le n° 36, étroite façade recomposée au déb. du XIXe s. Deux travées jointives et deux niveaux en brique chaulée et pierre bleue sur soubassement appareillé. Ouvertures à linteau droit remployant des appuis moulurés probablement antérieurs. Bâtière d'éternit.

 

N° 44. Maison chaulée de deux niveaux en brique et pierre bleue, de la 2e moit. du XVIIIe s., d'esprit classique. Soubassement appareillé probablement antérieur. Trois travées intactes de fenêtres jointives à linteau bombé et clé, avec appuis moulurés. Porte de même type à dr. Bandeaux au niveau des linteaux et des appuis. Bâtière d'éternit.

 

N° 46. Maison de la 2e moit. du XVIIIe s. en brique et pierre calcaire peinte en blanc. Deux niveaux sur cave, le 1er ouvert par une porte et une fenêtre jointives sous une plate-bande unique avec agrafes, vestige possible d'un portail. Au second, fenêtre à linteau droit sur montants harpés; bandeau plat à hauteur de l'appui et du linteau. Bâtière d'ardoises.

 

N° 48. Maison de deux niveaux sur cave, de la fin du XVIIIe s. en brique et pierre bleue sur soubassement appareillé, blanchie en façade. R.d.ch. entièrement ouvert par une porte entre deux fenêtres à linteau droit sur montants harpes. Unique fenêtre de même type à l'étage, entre des bandeaux plats à hauteur de l'appui et du linteau; agrafes. Exhaussement sans doute du XIXe s. Bâtière d'ardoises.

 

N° 52. Habitation en brique et pierre bleue, datée de 1715 par les ancres du 1er. A ce niveau, deux fenêtres d'origine à linteau droit et montants harpés, séparées par une troisième, postérieure. Linteaux et appuis reliés par des bandeaux. R.d.ch. commercial et étage supplémentaire du XXe s.

 

N° 59. Ferme de Beauregard. Le long de la grand-route Beaumont-Philippeville, dans un ensemble semi-clôturé principalement des XIXe et XXe s., logis et étable sous fenil de la 1re moit. du XVIIIe s., en moellons de calcaire assisés. Habitation de deux niveaux sur cave et deux travées, ouverte au r.d.ch. par une porte au linteau droit remonté sur de lourds piédroits chaînés et par une fenêtre au même linteau sur montants à deux harpes, agrandie. Entre ces deux baies, rigole d'évacuation bouchée d'un évier. A l'étage, fenêtres à linteau bombé et clé sur piédroits de type hennuyer en brique et pierre bleue alternées. Ouvertures semblables à l'arrière.

 

A g., étable desservie par une porte rectangulaire remaniée et fenil percé d'une baie de type hennuyer, à linteau droit. Bâtière d'éternit. Perpendiculairement, annexe remployant peut-être une construction du XVIIIe s.

 

N° 80. Ferme de Vachefontaine. Dépendance de la seigneurie de Neuville, aux mains de l'abbaye St-Jean de Florennes, louée à François Demanet, maïeur de St-Aubin, qui devait y ériger, peu après 1740, des bâtiments en dur sur les terres nouvellement défrichées.

 

Isolé à l'O. de la ville, ensemble semi¬clôturé en moellons de calcaire, surtout des XIXe et XXe s., mais qui conserve à l'E. le logis primitivement bas, à double corps, du 2e tiers du XVIIIe s. Porte à linteau droit sur montants harpés, entre deux fenêtres du même type; baies identiques à l'arrière, encore munies de leurs barreaux de protection. Adjonction d'une étable à g., puis surhaussement général d'un niveau au XIXe s.; ouvertures à linteau droit. Bâtière d'éternit.

 

En face, grange en large peut-être encore de la fin du XVIIIe, entre deux étables aux ouvertures refaites. Portails à linteau de bois. Bâtière d'éternit à croupettes et coyau.

 

 

 

RUE DE L'HOPITAL

 

N° 6. Ancien hôpital militaire. Perpendiculaire à la rue et déterminant une cour triangulaire avec un ancien mur de l'arsenal et le mur de clôture, construction en L dont l'origine remonte à la 2e moit. du XVIIe s. Aile principale en moellons de calcaire assisés, comptant deux niveaux, le second marqué par un retrait biseauté, et sept travées d'ouvertures à linteau droit sur montants harpés. Porte primitive sur l'autre face. Arcs de décharge au-dessus des baies du r.d.ch., lui-même couvert de voussettes à l'intérieur. Chaînes d'angle harpées à g. Bâtière d'ardoises à croupe, recoupée par de grandes lucarnes postérieures.

 

En retour d'équerre, volume à rue peut-être de la même époque ou du XVIIIe s., mais entièrement modernisé au XIXe s. dans la tradition classique du XVIIIe s.. Toiture d'ardoises à la Mansart.

 

N° 8. Habitation de deux niveaux sur cave, en moellons de calcaire, du 2e tiers du XVIIIe s., qui a subi d'importants remaniements à voir la maçonnerie et certaines ouvertures. Cinq travées de baies à linteau droit sur montants harpés, les extrêmes jumelées. Harpes d'angle à g. et bâtière d'ardoises.

 

RUE DU MOULIN

 

N° 5. Maison de la 2e moit. du XVIIIe s., en moellons de calcaire assisés. Façade entièrement peinte présentant deux niveaux sur cave et trois travées de baies à linteau droit à agrafes sur montants harpés. Porte précédée d'un degré. Appuis et linteaux reliés par des bandeaux. Chaînes d'angle harpées. Corniche de pierre en cavet. Bâtière d'éternit.

 

Nos 11 et 15-17. Deux volumes importants en moellons de calcaire, probablement du XVIIIe s., sous bâtières d'ardoises et d'éternit à croupettes. Façades dénaturées au XXe s.

 

N° 12. Habitation de deux niveaux sur cave, du 2e tiers du XVIIIe s., en moellons de calcaire. Trois travées, celle de l'entrée plus large, de baies à linteau droit sur piédroits harpés. Bandeaux à hauteur des appuis et linteaux. Au r.d.ch., vitrine du XXe s. remplaçant les deux fenêtres. Harpes d'angle à dr. Bâtière d'éternit à coyau et croupette.

 

N° 27. Haute maison de trois niveaux sur cave, de la 2e moit. du XVIIIe s., en moellons de calcaire. Façade crépie présentant trois travées de fenêtres à linteau droit sur montants harpés et une porte à linteau bombé jadis à traverse. Corniche de pierre en cavet. Chaînes d'angle harpées. Bâtière d'éternit.

 

N° 33. Importante construction de deux niveaux sur cave peut-être du XVIIe s. comme en témoignerait son volume, sous une ample bâtière d'éternit à coyau et croupe. Façade en moellons réglés reconstruite en 1825, millésime des ancres de l'étage, et ouverte par cinq travées, celle de g. plus espacée, de baies à linteau droit sur montants harpés. Deux fenêtres remplacées par une vitrine au r.d.ch. Har¬pes à l'angle biais à g.

 

RUE DE NAMUR

 

Nos 2-4. Volume de la 1re moit. du XVIIIe s., en calcaire appareillé au r.d.ch., en brique et pierre bleue aux deux étages. R.d.ch. transformé. Premier étage éclairé par deux fenêtres à linteau droit sur montants harpés; appuis et linteaux reliés par des bandeaux. Au-dessus, deux petites fenêtres sous la sablière. Frise dentée. Bâtière d'éternit à coyau.

 

N° 6. Habitation de deux niveaux en moellons de calcaire assisés, du déb. du XIXe s. Précédée d'un degré, porte à l'encadrement légèrement mouluré et jumelée aux deux fenêtres qui la cantonnent, à linteau droit. Porte de cave bouchée sous la fenêtre g. et soupirail à dr. A l'étage, fenêtre harpée au linteau droit, entre deux bandeaux. Frise de brique dentée sous la bâtière d'ardoises.

 

N° 8. A dr. de la précédente, maison construite vers la même époque et qui présentait sans doute le même dispositif à l'origine.

 

N° 17. Volume d'angle, sans doute du XVIIIe s., en moellons de calcaire, doté d'une nouvelle façade au XIXe s. Mur-pignon conservant à dr. sa chaîne d'angle harpée et deux soupiraux d'origine. Autres ouvertures probablement postérieures. Bâtière d'éternit avec croupette à coyau surplombant une frise denticulée.

 

N° 25. Maison de deux niveaux, de la 2e moit. du XVIIIe s., en brique et pierre bleue sur soubassement en moellons assisés. Trois travées, les deux g. jumelées, de baies à linteau droit sur piédroits harpés, reliées par des bandeaux à hauteur des appuis et des linteaux. Porte de cave obturée entre les deux fenêtres. Amputation probable à dr. et léger exhaussement sous la bâtière d'ardoises.

 

N° 27. Etroite maison peut-être du XVIIIe s., entièrement cimentée en façade au XIXe-XXe s. Deux niveaux sur cave, ou¬verts au r.d.ch. par une porte entre deux fenêtres à linteau droit et à l'étage, par une fenêtre identique. Bâtière d'éternit.

 

N° 33. Habitation de deux niveaux sur cave, sans doute du déb. du XVIIIe s., probablement amputée à dr. Construction en moellons de calcaire sur soubassement appareillé au r.d.ch. et en brique et pierre bleue à l'étage. Trois travées de baies à linteau droit et piédroits harpés, celles du r.d.ch. déchargées par un arc. Baie centrale transformée en porte lors de la modification en fenêtre de la porte d'origine située à g. Bandeaux reliant les linteaux et les appuis. Ancres en Y. Bâtière d'éternit à coyau, légèrement remontée. 

 

Nos 35-37. Volume du XVIIIe s, cimenté. Deux niveaux sur caves et six travées de baies à linteau droit. Travée dr. du n° 37 originale. Corniche de pierre en talon. Bâtière d'éternit.

 

N° 38. de la fin du XVIIIe s. ou du déb. du XIXe s. en moellons calcaires, comptant deux niveaux sur cave. Dispositif primitif apparent au r.d.ch., avec porte centrale aujourd'hui murée entre deux fenêtres. Etage éclairé par deux fenêtres à linteau droit. Bâtière d'ardoises.

 

N° 39. A l'angle de la r. du Collège, habitation de trois niveaux sur cave, en moellons de calcaire chaulés, sans doute de la 2e moit. du XVIIIe s. Deux travées d'ouvertures à linteau droit sur montants à deux harpes, sauf au r.d.ch. transformé. Latéralement, une travée de baies postérieures. Chaîne d'angle. Frise de brique dentée avec console d'angle en quart-de-rond sous la bâtière d'éternit à coyau et croupe.

 

N° 40. Maison chaulée du déb. du XIXe s. en moellons de calcaire assisés, comptant deux niveaux sur cave. Dispositif primitif de la porte entre deux fenêtres, modifié. A l'étage, deux fenêtres à linteau droit sur montants à deux harpes. Bâtière d'éternit.

 

N° 42. Maison de trois niveaux sur cave et trois travées en moellons de calcaire chaulés, du déb. du XIXe s. Ouvertures à linteau droit et piédroits en pierres de remploi. Porte jadis jumelée aux deux fenêtres de g., aujourd'hui bouchée. Fenêtre dr. transformée en porte. Bâtière de tuiles mécaniques.

 

N° 44. Belle maison d'angle sans doute de la fin du XVIIIe s., en moellons de calcaire assisés et peints. Façade de trois niveaux sur cave et trois travées de baies à linteau droit sur montants chaînés avec nombreux remplois. Chaîne d'angle harpée. Frise dentée et console d'angle en pierre. Toiture d'éternit à croupe frontale et coyau.

 

N° 58c. Habitation personnelle de l'arhitecte M. Ferrauge, réalisée en 1975-1976, intéressante notamment pour son adaptation sur le terrain en pente.

 

RUE DE LA PETITE ROCHE

 

N° 4 (en face). A proximité du site des anciennes casernes de cavalerie, longue muraille en moellons de calcaire assisés, interrompue par un solide porche dont la superstructure originale est perdue. Construction sans doute du dernier qu. du XVIIIe s. en grand appareil de calcaire, dont les refends prennent la forme de crossettes autour du plein cintre du portail.

 

RUE DU QUARTIER BRULE

 

A l'angle de la r. de France, intéressante pompe en grand appareil de calcaire, peut-être encore du XVIIIe s. Construction de section carrée, sur socle en léger ressaut, terminée par un amortissement sphérique. Mécanisme en fonte conservé

 

RUE DE LA REINE

 

N° 2. Ancien magasin aux fourrages. Importante grange en long de la 2e moit. du XVIIIes., en moellons de calcaire avec grosses chaînes d'angle harpées. Lourds portails surbaissés sur montants harpés. Partie vers la rue aménagée pour l'habitation au XXe s. Corniche de pierre en talon sous bâtière d'éternit à croupettes et coyau.

 

N° 9. Ancienne caserne. Long volume classique de deux niveaux en moyen appareil de calcaire sur base légèrement saillante, daté sous la corniche «Cl DES¬SOUS A ETE PLACE / LA 1re PIERRE LE 5 MAI / 1785». Façade de neuf travées de fenêtres, dont une transformée en porte, à linteau bombé et cadre en léger ressaut. Appuis moulurés à l'étage. Cordon saillant et mouluré entre les deux niveaux et grosse corniche profilée. Pilastres d'angle à refends. Autres faces du bâtiment moins soignées: mur-pignon droit portant la trace d'une porte et oculus; mur-pignon opposé ajouré par deux rangs de trois fenêtres maintenant obturées et oculus; côté cour, façade moins élaborée encore, alignant huit travées de baies; de ce côté, cinq lucarnes à croupe. Bâtière d'ardoises à croupes et coyau. A g., portail aujourd'hui muré, encadré de pilastres incurvés et à refends sommés d'un amortissement mouluré.

 

RUE DES RELIGIEUSES

 

Nos 2-4. Longue construction peu profonde de la 2e moit. du XVIIIe s., en brique et pierre bleue sur soubassement en moellons de calcaire réglés. A l'origine, deux niveaux et neuf travées, celle de g. obturée, éclairées par des baies à linteau droit sur montants harpés, entre deux bandeaux. Agrafes. Porte jadis à la 3e travée, transformée en fenêtre et remplacée par une autre au XXe s. Harpes d'angle à g.

 

Du XIX° s., les deux travées de dr. et le 3e registre de baies à linteau droit. Dans le mur-pignon g. en moellons de calcaire, traces d'une porte d'origine et deux travées de fenêtres du XIXe s. Bâtière d'ardoises à coyau et croupes, percée de lucarnes à croupe. Face arrière largement reconstruite.

 

N° 18 (en face). Ecole Notre-Dame. Ancien couvent des Récollectines, fondé en 1626 par des religieuses détachées de Limbourg. De l'ensemble des bâtiments conventuels ne subsistent que l'aile O., et une partie de l'aile S.

 

Perpendiculaire à la rue, gros volume de deux niveaux, construit ou transformé vers le mil. du XVIIIe s. Face O. en moyen appareil calcaire pour le r.d.ch., en briques et pierre bleue pour l'étage, ouverte par neuf travées de baies à linteau droit. Appuis et linteaux reliés par des bandeaux plats à l'étage. Face E. en moellons calcaires offrant sept travées de baies hétérogènes à linteau droit sur montants harpés. Chaînes d'angle harpées. Bâtière d'ardoises à croupettes.

 

Recoupé obliquement par ce bâtiment, volume plus ancien et plus bas, de deux niveaux en moellons calcaires et brique, remontant sans doute à l'époque de la fondation. R.d.ch. percé de part en part par un couloir. Porte à arc surbaissé en brique sur montants chaînés, et deux petites fenêtres rectangulaires. A l'étage, traces de trois fenêtres à croisée, transformées. Aménagements tardifs. Chaîne d'angle harpée à g. Haute bâtière d'éternit à coyau.

 

Mur de clôture ouvert sur la rue par une porte classique du XVIIIe s., en plein cintre et à encadrement à refends et crossettes sous larmier mouluré.

 

RUE DE LA ROCHE

 

N° 5. Belle maison du 2e tiers du XVIIIe s., en brique et pierre bleue sur soubassement en moellons de calcaire assises. Deux niveaux sur caves et quatre travées d'ouvertures à linteau droit sur montants en brique et pierre alternées. Porte dépourvue de sa traverse, derrière un perron à double volée. Linteaux et appuis reliés par des bandeaux plats en pierre. Travée dr. ajoutée au XIXe-XXe s. Chaîne d'angle harpée à g. Corniche de pierre moulurée en quart-de-rond. Bâtière d'ardoises.

 

Maçonnée à g. de la façade, petite niche de la fin de l'époque gothique, creusée dans un bloc de calcaire:coiffée de deux arcs en accolade et bordée de pilastres bagués.

 

  • Nos sources : Le patrimoine monumental de la belgique 9²
  • Namur - Philippeville P-W
  • Dépôt légal : D. 1982-0246-6
  • ISBN 2-8021-0040-8
  • Pierre Mandaga, éditeur
  • Solédi - Liège